Interview Waverly Lies North

10484115_754315851258224_3230091333517832405_nMusicandgamer : Tout d’abord bonjour WAVERLY LIES NORTH. Pourriez-vous me dire comment tout à commencé pour vous ?-

-ERIC: Bonjour à vous et un grand merci à Musicandgamer de nous accorder cette interview.

Waverly Lies North ça commence par des frères jumeaux, Julien et Ed mehay (respectivement guitariste et batteur) qui sont fans de metal et de musiques de films et qui jouaient déjà dans leur garage quand les autres en étaient au bac à sable. Ils s’amusent à faire tourner un riff de guitare, puis deux, puis trois, puis 666… et se rendent compte qu’ils pouraient faire un « petit » album s’ils trouvaient d’autres musciens… Petit à petit, après plusieurs changements de line-up et noms de groupe, ils ont réussi avec beaucoup de persévérance à constituer une équipe solide et le nom « Waverly Lies North » est resté. Waverly vient du sanatorium de Waverly Hills, dans le Kentucky, qui serait le lieu « le plus hanté au monde ». Beaucoup de phénomènes paranormaux ont été rapportés au sujet de cet endroit. Le nom « Waverly Lies North » permet de développer une ambiance visuelle froide qui s’inscrit dans le concept du groupe.

  Musicandgamer : Eric, dans combien de formations étais-tu?

-ERIC: Je fais à l’heure actuelle partie de deux groupes : Superscream (metal progressif) et Waverly Lies North (metal symphonique), plus un tribute à Judas Priest : Screaming For Judas en suspens pour le moment car nous avons besoin de quelqu’un pour s’occuper du groupe (promo, booking, management…) et d’un batteur.

J’étais le leader de Darjeeling (un groupe de metal assez inclassable, signé chez Plaza Mayor Company Limited, qui a enregistré un album « L’Envers du Décor » et qui a pas mal tourné).

J’ai également fait partie d’un tribute AC/DC, Roswell Car Park avec lequel j’ai fait beaucoup de concerts jusqu’en 2008.

Je passe les formations anecdotiques et les groupes de lycée …

  Musicandgamer : Quel est le parcours de WAVERLY LIES NORTH, dans l’ordre chronologique?

-ERIC: Ed et Julien avaient déjà un squelette de quelques compos et m’ont contacté aux environs de 2009 mais je ne disposais pas d’assez de temps à ce moment-là.

Puis il y a eu une première équipe, constituée de Ed Mehay: Drums / Julien Mehay: Rythm Guitar / Bruno Poidevin: Lead Guitar / Yann Hollier: vocals / Yom Hollier: Bass.

Avec ce line-up, WLN a enregistré une démo de l’album sortie sous le Label Brennus Music en 2013, j’ai ensuite pris la place au chant pour enregistrer l’album dans lequel nous avons intégré notre tout dernier titre « Aria Nocturna », ce dernier est sorti en 2014 toujours sous le même label.

La guitare lead est aujourd’hui assurée par Antoine Petit-Gas et la bass par Jérôme Pecquery. Nous faisons appel à ma chère et tendre, Audrey Escots (soprano), pour les voix féminines.

  Musicandgamer : Eric, à quel âge as-tu poussé tes premiers hurlements?

-ERIC: Si on exclut celui que j’ai soi-disant poussé à ma naissance et tous ceux (parfaitement légitimes !) que j’ai laissé échapper parce que je n’obtenais pas immédiatement tout ce que je voulais, je crois que j’ai commencé à émettre des sons de manière un peu plus « organisée » vers l’âge de 16 ans, avec mon premier groupe de potes dont je tairai le nom vu qu’on en a tellement changé que je ne sais même plus lequel est le bon !!!

Ça peut paraître surprenant, mais même si je me souviens que je chantais instinctivement très souvent étant enfant, j’ai découvert la musique assez tard. Je ne viens pas d’une famille d’artistes et la musique ne faisait pas vraiment partie de ma vie avant que je ne flashe sur Guns n’ Roses, Led Zeppelin et compagnie. A partir de là tout a changé. Je me suis essayé à la guitare, la basse, un peu plus tard au piano, mais depuis mes tout premiers émois musicaux, je ne voulais qu’une chose … être chanteur.

  Musicandgamer : Par quelles étapes êtes-vous passés dans la création de votre album « A soul in the Void »

-ERIC: Il est toujours très compliqué de parler d’un processus de création au nom d’un groupe de personnes, car cela est paradoxalement très personnel alors que tout le monde s’influence. De plus, et c’est tout l’intéret de la chose, ce qui arrive nous dépasse la plupart du temps…

Ed et Julien ont d’abord enregistré des ébauches de morceaux, puis au fur et à mesure ils ont développé de nouvelles compétences aussi bien au niveau de la musique elle-même qu’au niveau des outils techniques pour l’enregistrer et « l’habiller ».

Puis à force de laisser faire les choses et de donner libre cours à l’imagination des gens proches et moins proches (parents, potes, fans…) qui ont un jour mis leur grain de sel dans l’aventure, le concept s’est dessiné de plus en plus précisément.

Je sais d’expérience que rien ne remplace le temps pour faire mûrir une entité artistique, mais pour cela il faut beaucoup de patience et de détermination.

 Comme vous pouvez l’imaginer, les changements de membres au sein d’un groupe compliquent toujours beaucoup les choses. Je crois que je suis officieusement le quatrième chanteur à venir pousser la chansonnette avec le groupe depuis le début, avec en plus les changements de musiciens ça a été un peu compliqué de se stabiliser pour créer une identité forte et singulière. Mais les jumeaux formant « le double noyaux dur » de ce projet ont su garder le cap.

  Musicandgamer : Y a-t-il eu beaucoup de changement de line-up durant ta carrière qui est une réussite ?

-ERIC: Effectivement, j’officie dans des groupes « sérieux » depuis mes 22 ou 23 ans, au départ parallèlement à mes études au Conservatoire et à la Fac, puis de plus en plus professionnellement jusqu’à en faire mon métier depuis une dizaine d’années (essentiellement en tant que chanteur d’opéra). Les moyens financiers et médiatiques mis au service du hard rock et du metal en France ne permettent de toute façon pas de s’en sortir correctement. (Mais cela fait l’objet d’une autre question)

Je vais sur mes 39 ans et la réponse est oui !!! J’en ai vu du remaniement de personnel, voulu ou forcé, dans la gaieté ou la tristesse… Mais ça fait partie du jeu, c’est un millieu dans lequel on voit passer du monde : on en garde certains précieusement dans le carnet d’adresses et on s’empresse d’en rayer d’autres avec un gros feutre noir …

 – Musicandgamer : Comment s’est passé le tournage du clip « Aria Nocturna » ?

-ERIC: D’abord j’aimerais préciser que je ne peux pas être très objectif sur cette question parce que j’adore tourner des clips de manière générale. Ça m’éclate totalement, j’aime beaucoup jouer et quand on est sur scène les contraintes que nous impose la musique nous empêche souvent de faire certaines choses. J’avais déjà constaté cela lors du tournage de mon premier clip avec Superscream, « Metal Sickness », que je vous conseille vivement 😉 .

Aria Nocturna est un morceau complètement magique, il n’existait pas 8 jours avant que l’album soit masterisé, on l’a écrit et enregistré à la vitesse de la lumière et j’ai demandé à Audrey que je connaissais depuis peu de venir faire un duo sur ce titre avec moi (elle n’avait jamais chanté ce genre de musique !).

 Après j’ai dit à Ed « tiens, si on faisait un clip avec Aria Nocturna ? » Il m’a dit « Pourquoi pas ».

Deux mois plus tard, on tournait le clip avec un script plus ou moins « hasardeux » basé sur le texte. Plein d’idées se sont geffées par émulation pendant le tournage.

Tout s’est fait de manière incroyablement instinctive, sans « bla bla ». Je n’ai vu aucune image pendant le tournage.

Je savais qu’Ed était fort de sa première expérience de montage (notre premier clip « Labyrinth ») mais quand moins d’une semaine après j’ai vu le clip sur youtube, ça m’a vraiment impressionné.

 – Musicandgamer : Comment qualifieriez-vous votre musique ?

 -ERIC: Si on ne parle qu’en termes de style musical, je dirais que nous faisons du metal symphonique « viril » teinté gothique. Un accordage grave, un gros son de guitare, des arrangements de cordes et des choeurs bien choisis avec des voix puissantes qui ne délaissent jamais la mélodie ; le tout organisé par un mixage et un son très actuels. On essaie modestement de ne pas tomber dans les travers de certains groupes de metal progressif ou de metal symphonique qui se perdent dans une profusion d’informations musicales inutiles… Surtout aujourd’hui avec les moyens techniques modernes, il n’y a rien de plus facile que d’en rajouter, le bon musicien est celui qui sait s’arrêter à temps.

Notre volonté est que notre musique se regarde autant qu’elle ne s’écoute, nous cherchons à developper quelque chose de visuel voire cinématographique.

 – Musicandgamer : Une suite à « A soul in the Void » ?

 -ERIC:Oh que oui !!! On est en plein dedans et si tout va bien comment dire …? Ca va envoyer du steak, déchirer sa race, faire bronzer sous les pieds…

Bref ! Pour le moment je préfère en rester là.

 – Musicandgamer : J’ai vu que vous aimez les musiques de films. Quel genre aimez-vous en particulier ?

 -ERIC:Nous sommes cinéphiles en général mais notre domaine de prédilection est le fantastique et l’horreur.

Le concept de Waverly Lies North s’inspire beaucoup de cela.

Les thèmes de la hantise, du surnaturel et de l’humain face à ses limites sont les principaux moteurs de notre créativité.

 – Musicandgamer : Pour finir, quelle question auriez-vous aimé que je vous pose ?

 -ERIC:Par exemple : Est-il facile pour un groupe de metal français de s’exprimer pleinement?

Ah ! Merci de me poser cette question !

 La réponse est NON.

Si certains webzines, labels, radios spécialisées et des gens passionnés comme vous existent pour nous permettre de ne pas définivement abandonner notre quête du Graal, il faut savoir que, de manière générale, les metalleux en France ne sont vraiment pas aidés, que ce soit financièrement (subventions), au niveau médiatique (je parle des medias importants ayant un large pouvoir de diffusion) ou au niveau des lieux pour nous produire dignement. De plus, et cela est proprement scandaleux (mais plus personne ne semble s’en étonner) 9 lieux sur 10 qui font des concerts de metal ou de musiques actuelles en général ne payent ni ne déclarent les musiciens. Dans certains cas cela pourrait se discuter, mais je parle également de structures officielles, subventionnées généreusement par l’Etat pour promouvoir les groupes !

J’ai personnellement beaucoup travaillé et j’ai aujourd’hui la chance de vivre de la musique, mais je connais trop de gens qui galèrent et mériteraient tout autant que moi de s’en sortir.

Ils ne le peuvent pas car ils n’ont pas choisi la « bonne voie », celle des « vraies » musiques (subventionnées, donc classique, jazz, musique du monde…) ou la voie du balluche ou de la Star acadéBEURKKKK!!!

 En gros, et je parle en connaissance de cause, soit on fait partie d’une soi-disant « élite » dans laquelle j’officie moi-même en tant que chanteur d’opéra, soit on est condamné à faire partie de ce que j’appellerai en restant poli « la lie musicale nationale ».

Je ne fais pas de politique habituellement car je ne prétends pas savoir plus qu’un autre ce qu’il y a de mieux pour la société, mais j’estime que sur ce point précis, il est de mon devoir de dénoncer cet état de fait, qui fait courir notre niveau de conscience artistique à sa perte.

 Un grand merci à Eric Pariche et à Waverly Lies North

Vous pouvez les retrouver:

http://www.waverlyliesnorth.com
https://www.facebook.com/WaverlyLiesNorth

 

 

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Une réponse à Interview Waverly Lies North

  1. Fredo dit :

    C’est un petit bijou cet interview. Bravo à Eric pour ce bol d’oxygène. Longues vies artistiques au groupe!

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